Agen, au cœur du Lot-et-Garonne, séduit autant par son cadre que par la richesse de son patrimoine. Le pont-canal, avec ses vingt-trois arches du XIXᵉ siècle, offre une vue singulière où se croisent le canal et la Garonne. Le très beau musée des Beaux-Arts, installé dans un ensemble d’hôtels particuliers du XVIᵉ siècle, rassemble peintures, sculptures et collections qui racontent l’histoire artistique de la région. La préfecture, ancien évêché du XVIIIᵉ siècle, la cathédrale Saint-Caprais et le quartier classé des Cornières, situé entre la cathédrale et le marché, complètent le décor. Dans ce secteur préservé, maisons à colombages restaurées, hôtels particuliers et arcades forment un ensemble urbain d’une grande cohérence.
Autour d’Agen, de nombreux villages ponctuent la vallée. Le manoir du XVᵉ siècle de Prades, discret au milieu de la campagne, rappelle le passé seigneurial du secteur. Port-Sainte-Marie déploie ses maisons à pans de bois et ses églises gothiques le long de la Garonne. Sérignac-sur-Garonne, ancienne bastide, aligne ses maisons des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles autour de la place. Beauville conserve son plan de bastide, Marcoux son église, Saint-Maurin les vestiges d’une ancienne abbaye, Estillac un château posé au milieu des coteaux. À Aubiac, l’église du XIIᵉ siècle et à Moirax, la très belle église romane, témoignent de l’importance des voies anciennes. À Layrac, la place centrale à cornières et l’église romane coiffée d’un dôme peint au XVIIIᵉ siècle offrent une halte de caractère entre Agen et la campagne environnante.
Aiguillon se situe au confluent du Lot et de la Garonne, dans un paysage de champs, de bois et de falaises. Le château ducal du XVIIIᵉ siècle domine les toits de la ville, tandis que les maisons à colombages, le vieux moulin et les ruelles rappellent le rôle de ce bourg de confluence. Non loin de là, Laprade présente de belles maisons du XVIIᵉ siècle et une vieille halle, tandis que Port-Sainte-Marie, de nouveau, révèle d’autres façades des XVᵉ et XVIᵉ siècles qui soulignent l’ancienneté du commerce fluvial.
Plus au nord-est, le château de Bonaguil s’impose comme l’un des plus spectaculaires châteaux-forts du XVᵉ siècle. Posé sur son éperon rocheux, entouré de murailles, de tours et de fossés, il domine la vallée et constitue un site majeur pour comprendre l’architecture militaire de la fin du Moyen Âge. Aux environs, Sauveterre-la-Lémance garde un château féodal lié à l’histoire des rois d’Angleterre et des ducs d’Aquitaine aux XIIIᵉ et XIVᵉ siècles. Monsempron-Libos, avec son église fortifiée, complète ce paysage de hauteurs et de vallées marqué par la présence de fortifications et de maisons fortes.
À l’ouest du département, Duras rassemble autour de son château des ducs, édifié au XVIIᵉ siècle sur l’emplacement d’une forteresse médiévale, un village de vieilles maisons à cornières. La place centrale et les ruelles bordées de façades anciennes donnent au bourg un charme particulier, renforcé par la présence de vignobles qui l’entourent. Plus au nord, les grottes de Fontirou dévoilent concrétions, salles souterraines et galeries sculptées par l’eau, offrant une parenthèse fraîche en été. Gontaud-de-Nogaret, avec son église des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles, sa halle et les restes d’un château du XVIᵉ siècle, illustre le visage d’un bourg rural actif, tourné vers les marchés et la vie agricole.
Granges-sur-Lot, au bord de la rivière, abrite le musée du pruneau, consacré à la fabrication, aux usages et à l’histoire de ce fruit emblématique du département. À Lauzun, le château du « favori » de Louis XIV et l’église rappellent le rôle des grandes familles de cour dans la région. Aux environs, Miramont-de-Guyenne présente de vieilles maisons à colombages, une église aux beaux vitraux et un musée vivant du parchemin et de l’enluminure, où l’on découvre les techniques anciennes du livre. Plus au sud, Marmande associe l’église gothique Notre-Dame et son cloître, le chemin de ronde du Caillou, des maisons à colombages dans les rues Labat et Toupinerie, et l’ensemble des Neuf-Fontaines, semi-cercle de neuf griffons qui symbolisent la présence de l’eau. À proximité, Clairac propose un musée du pruneau et du tabac, tandis que Duras revient en écho avec son château et sa place à cornières. Le Mas-d’Agenais conserve une église romane remarquable et une halle du XVIIᵉ siècle, et Casteljaloux rassemble maisons à colombages et rues anciennes dans un environnement forestier.
Monflanquin, bastide fondée au XIIIᵉ siècle, domine la vallée de la Lède depuis sa colline. Le plan régulier du bourg, la place centrale à arcades, les vieilles maisons aux toits de tuiles rondes et l’église de style gothique méridional composent un ensemble particulièrement harmonieux. Les ruelles en pente, les passages couverts et les points de vue sur la campagne environnante rappellent la vocation défensive et commerçante de ces bastides.
Aux environs, Villeréal offre une autre illustration de ce type d’urbanisme. Sa halle du XIVᵉ siècle, au centre de la place, reposant sur de puissants piliers de bois, et son église fortifiée dominent les maisons alignées autour de la place. Les marchés, les animations estivales et les fêtes de village redonnent vie à ces espaces construits pour le commerce et les échanges, et font des bastides du Haut-Agenais des étapes incontournables pour comprendre l’histoire du Lot-et-Garonne.
Nérac, posée sur les rives de la Baïse, mêle ponts, quais, maisons à colombages et monuments. Le pont Vieux gothique traverse la rivière et conduit vers le quartier médiéval du Petit-Nérac, aux façades serrées et aux ruelles étroites. L’église Saint-Nicolas du XVIIIᵉ siècle, le château des Albret dont subsiste une aile élégante aujourd’hui transformée en musée, et le château de Bournac dans les environs, rappellent le rôle politique et culturel de la ville à l’époque d’Henri IV. Les promenades le long de la Baïse et les croisières fluviales prolongent cette découverte dans une ambiance douce et verdoyante.
Autour de Nérac, plusieurs sites complètent le paysage de l’Albret. À Barbaste, un très beau moulin fortifié et un pont gothique à dix arches franchissent la Gélise. Lavardac conserve un moulin et des rues calmes. Les bastides de Vianne, avec son enceinte fortifiée presque intacte, de Mézin et de Francescas, alignent leurs places centrales, leurs remparts et leurs maisons anciennes. Les châteaux de Poudenas, où Henri IV venait chasser, et de Buzet-sur-Baïse, entouré de vignobles, ajoutent une dimension aristocratique et viticole à cet ensemble de bourgs et de paysages.
Villeneuve-sur-Lot, fondée au XIIIᵉ siècle, est l’une des grandes bastides du département. La place Lafayette et ses arcades, la tour de Paris, ancienne porte fortifiée, et le Pont-Vieux du XIIIᵉ siècle composent un décor urbain où l’on ressent encore la puissance commerciale de la ville médiévale. L’église Sainte-Catherine, de style romano-byzantin, se dresse au-dessus des toits, tandis que le musée Rapin conserve des collections artistiques et historiques liées à la région. Les quais du Lot, les jardins et les ponts invitent à la flânerie, et rappellent le rôle essentiel du fleuve dans l’essor de cette ville de marché et de passage.